Hommage à M. Kim Dae Jung.
Il sera un « Feuerstein » dans l’esprit de la jeune génération.
Le père de la démocratie en Corée du Sud, l’homme du dialogue intercoréen, nommé « Sunshine policy » vient de nous quitter le 18 Août 2009 à 13h 43.

Certains d’entre nous ont échangé des mails sur l’état de santé de M. kim Dae Jung depuis le 13 juillet, nous avons suivi étape par étape l’évolution de la maladie.
Depuis un mois, M. Kim Dae-Jung, l’ex- président (1998 – 2003), il errait entre un sommeil profond et quelques brefs instants d’éveil.
Chaque aggravation de sa santé chaque brève amélioration on été auscultées, analysées à la loupe dans les grands journaux ; les souhaits de prompte guérison de nombreuses personnalités se sont succédés.
Son entourage dit qu’il a été profondément choqué par le décès du Président Roh en mai dernier et le nuage qui a plane depuis, quelques mois sur les relations intercoréennes lui semblait définitif, annonciateur de catastrophes menaçant de s’abattre sur le pays. Il était désespéré et il était en colère
Une pneumonie avait nécessite son hospitalisation – Après une embolie pulmonaire il a été maintenu sous respiration artificielle. Puis il a du subir une trachéotomie, tout s’est accéléré irrémédiablement. De plus il était sous dialyse depuis 2003 et n’oublions pas son grand âge.
Il a été victime de plusieurs agressions physiques, des attentats sévères qui ont laissé des traces sur son physique.
Nous l’avons vu à Paris en l’an 2000 il boitait à cause d’une blessure a la jambe provoqué par un d’accident de voiture, un attentat camoufle peut être…C’était le président le plus controversé de tous. Etait-ce à cause de ses idées très avancées, de sa vision de l’avenir de la péninsule ?
Beaucoup se souviennent du kidnapping rocambolesque de Tokyo en 1973. Une histoire incroyable digne d’un James Bond !
En 1980 il était condamné à mort par le gouvernement militaire de l’époque après la manifestation sanglante du 18 mai. A cette époque, avec une poignée d’amis, nous avions essayé de lui apporter notre soutien et c’est déjà un miracle qu’il ait vécu jusqu’à 85 ans pensent ses amis.
Le 11 Juin dernier encore on a pu entendre son discours enflammé plein de contestations mais aussi d’humour bien qu’il soit cloue sur son fauteuil roulant. « Quelle force de caractère malgré son grand âge ! »
Il accordait encore une interview à la BBC le 10 juillet, 3 jours avant son hospitalisation. Il critiquait ouvertement l’injustice de la nouvelle donne politique surtout pour ce qui a trait aux relations intercoréennes, une nouvelle donne qui pourrait démolir tout son travail, le résultat de toutes les années consacrées a œuvrer pour le rapprochement.
Comme chacun de nous le sait, KDJ est un colosse, capable par son courage, sa force de conviction de soulever les masses souvent paralysées par la peur et la prudence. Il a su insuffler l’idée d’un possible réconciliation malgré l’Anti–communisme solidement ancré dans la pensée collective, le numéro 1 de la loi nationale sous le régime militaire.
Le pragmatisme n’y tenait aucune place. Il ne pouvait pas y avoir de dialogue intercoréen.
La Libre zone industrielle de Gaesung, le parloir du Mont Diamant… ces projets étaient inimaginables avant lui. Combien de familles séparées lui doivent la joie de brefs moments de retrouvaille ?

(Rencontre historique entre les présidents des deux Corées.)
Avant lui, on était éduqué, imbibé même par une idéologie de la guerre froide ; Le pays doit rester à jamais coupé en deux, coupé, dans la haine de l’autre. Tel était le credo et l’autre côté avait exactement la même attitude.
Il est l’homme qui a osé aller vers l’autre le premier. En 2000, nous avions fait un sondage sur ce sujet dans la communauté coréenne en Europe. 65% des sondés approuvaient son initiative. Nous avons dit oui, nous avons admiré sa réussite.
Tout compte fait, sa vie est un grand accomplissement, elle a été remplie de grands moments de bonheur. Par son inlassable enthousiasme, sa passion, et le courage qui l’a poussé à aller de l’avant à tout moment, il a posé une pierre angulaire que personne ne peut détourner.
L’histoire contemporaine de la Corée du Sud est marquée de façon indélébile par sa vision d’une Corée pour laquelle se dessine un avenir florissant sur l’échiquier international, dans une Asie pacifique ;
« J’ai vécu une vie pas facile du tout, durant mes luttes pour la démocratisation et pour ma vision de la réunification, j’ai frôlé la mort de près 4 fois. Six années j’ai été derrière les barreaux avec les tortures.
10 années en exil et en assignation en résidence quelquefois avec 500 policiers armes autour de ma résidence, il m’a fallut avaler beaucoup de pilules, d’humiliations diffamatoires on a fait de moi un espion rouge, un diable, on m’a collé une étiquette qui faisait fuir tout le monde.
J’ose dire que j’ai fait l’école de la patience et de l’endurance. J’en suis fier. S’il m’était accordé une autre vie, je parcourrais, je crois, le même chemin, j’engagerais le même combat…
Je voulais faire quelque chose pour ma patrie qui est coupée en deux injustement, et je voulais à tout prix la démocratie dans la partie du sud, celle où je vis.
Ce n’était pas ce que je j’allais devenir qui comptait, c’était agir selon ma conscience, guidé uniquement par l’amour de la société dans laquelle je vis. Nous avons une philosophie démocratique déjà dans notre histoire sans avoir cette appellation… » (Discours KDJ prononcé dans une conférence adressée a de jeunes étudiants vers 1990 publié en 1994 en coréen).
« Seule la mise en action de sa conscience et la participation peuvent sauvegarder la démocratie. » Démocratie arrachée au prix du sacrifice de nombreuses vies dans les année 70- 80.
Il y a un mois encore, le 15 juin, il a recommandé aux jeunes générations lors de sa dernière conférence d’agir selon leur conscience, car seul le passage à l’action pourrait servir la nation en difficulté. Il faut sauvegarder la démocratie dans le pays, cette démocratie obtenue par tant de sacrifices… selon le degré de courage, il faut au moins aller voter à toute élection. KDJ a travaillé jusqu’a ses dernières forces, poussé par la passion et le désir d’achever le travail commencé.
Il a servi la nation jusqu’au dernier moment de sa vie pour guider le pays dans une meilleure direction.
Son décès survenu ce jour contribuera à une meilleure entente entre les hommes.
C’est un destin consacre a la grande cause d’homme comme l’indique son nom qui signifie la grande masse du peuple.
Nous affichons des fleurs, des tournesols, tournées vers lui en images de nos sincères prières en masse, comme nous l’avons fait dans les années 1980, en bravant des dangers, même en plein Paris.

(Le depute Robert André Vivien lors d’une manifestation de soutient à Kim Dae Jung dans les années 80. - © autorisation préalable)
Il a servi. Nous aimerions souligner qu’il a été efficace pour redresser l’économie en crise nationale au commencement de son gouvernement en 1997. Il est nécessaire de relire « masse participation economy » cela pourrait nous donner des idées pour la crise qui secoue actuellement la planète.
Merci Président Kim,vous serez un Feuerstein !
