A propos de Kang-gang-soo-wollae

Comme l’eau de la rivière contourne les rochers, les obstacles, l’esprit de la fête de "Kang-gang-soo-wollae" a la souplesse de la force vive, s’adapte en permanence au présent.

Fuide, mais intarissable, l’esprit de Kang-gang-soo-wollae dépasse les limites de notre seule logique, parfois un peu étroite. Qui commande le temps ? Qui peut expliquer la vie, les mouvements de sympathie ou d’antipathie qui peuvent naître entre nous ? L’homme ne peut vivre seul dans ce monde. Entre ciel et terre, il a besoin de l’eau, de l’air et un besoin constant des autres, malgré nos différences.

A la fête de Kang-gang-soo-wollae, chacun apporte sa bonne humeur. Un programme est nécessaire à toute fête, mais ne peut se résumer à un strict protocole. Simples, et spontanés, les participants entrent dans la danse tout en connaissant les défauts des autres, tout en y apportant leur "savoir danser". Chacun d’eux n’est pas l’invité, il est l’invitant.

Ici les plus forts invitent les plus faibles. Le premier est le dernier. C’est une esquisse de la paix. Une éternelle tentative de partage et de réconciliation.

Cette danse représente aussi un concept coréen de l’univers et de l’existence. Dans la philosophie Han, le commencement rejoint directement l’infini en un cercle.

Qu’est ce que le Kang-gang-soo-wollae ?

Kang-gang-soo-wollae appartient au patrimoine folklorique de Corée.

Cette ronde est populaire dans les régions du sud de la province de Chula en Corée et dans toutes les îles du sud ouest de ce district. Souvent vers la mi-août (du calendrier lunaire), au moment de la célébration de Chusuk (ou Fête de la moisson), les femmes se réunissent pour danser sous la pleine lune vêtues de leurs plus beaux habits de toutes les couleurs. La forme ronde se forme et se déforme selon les mouvements de la foule. Le texte du chant reflète la joie de vivre malgré les maux de la vie quotidienne, un encouragement pour chacun, un renouveau de l’énergie pour demain.

L’origine de cette danse remonterait à l’occupation japonaise de Im Jin (1572), à l’époque de l’Amiral Yin Son Shin, qui vainquit l’ennemi japonais grâce à l’invention du premier sous-marin, le fameux bateau-tortue Ken Book Sun. Les hommes sont tous partis à la guerre. Pour donner du courage aux habitants du village et tromper l’ennemi, les femmes restées seules tentent alors une ruse : grâce aux rythmes et mouvements de la danse et de la musique, elles vont mimer une foule de combattants. Il faut croire que le subterfuge réussit puisque "les ennemis traversent encore la rivière", dit l’une des traductions mot à mot du nom de la danse… D’autres hypothèses existent sur l’origine de Kang-gang-soo-wollae. Elle serait notamment l’une des plus anciennes danses, datant de l’époque de Mahan - époque de Ko Chou Sun (la Corée ancienne, 206 av. JC), et serait dansée en remerciement de la bonne récolte d’automne.

Nous invitons tout un chacun à entrer dans la danse : France et Corée, Nord et Sud, hommes et femmes, riches et pauvres, de toutes religions, passé et présent, en souhaitant briser ainsi toutes les frontières !