Conférence internationale

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La Justice n’a pas été rendue pour un grand nombre de femmes qui furent victimes de l’esclavage sexuel systématiquement organisé par les autorités militaires japonaises avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis le premier témoignage public d’une victime coréenne en 1991, d’autres femmes, auparavant silencieuses, se sont courageusement manifestées pour rendre compte des souffrances vécues et des violences qu’elles durent subir. C’est ainsi que la société civile coréenne a pu activement prendre en charge leur histoire pour demander la reconnaissance et la réparation de ces traitements inhumains. Mais, jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement japonais n’a jamais consenti à la reconnaissance de sa responsabilité juridique en tant qu’Etat.

Bien que l’organisation administrative et le contrôle de cet esclavage sexuel aient été le fait de l’armée japonaise tout au long du conflit et jusqu’à la défaite, le gouvernement japonais se refuse toujours à enquêter de manière sincère et impartiale sur les faits, et à reconnaître ses responsabilités. Il nie même tout projet de coercition dans la réquisition et l’acheminement de ces jeunes femmes jusqu’aux « maisons de réconfort », les bordels militaires de campagne répartis dans toutes les zones de guerre.

Pour certaines personnalités publiques japonaises et la majorité de la presse, le cas de ces femmes ne relèverait pas de l’esclavage sexuel puisqu’elles n’auraient été que de simples prostituées volontaires. Le triomphe de cet argument a conduit à une récusation de tous les timides progrès obtenus auprès des administrations précédentes et à leur annulation.

Dans les conflits armés en cours aux quatre coins du monde, les violences sexuelles envers les femmes sont plus que jamais d’actualité. C’est pourquoi la persistance du déni des souffrances de dizaines de milliers de femmes, dites « de réconfort », soumises à l’esclavage sexuel par l’institution militaire japonaise, constitue un scandale démocratique majeur pour le Japon, et une injustice intolérable pour les victimes survivantes. Les buts de cette conférence sont multiples :
-  Poser la question de la responsabilité de l’Etat dans le système militaire japonais concernant l’esclavage sexuel, un exemple évident de la violence systématisée contre les femmes dans les conflits armés, dans la perspective du droit international et à l’aide de données historiques ;
-  Examiner les efforts déployés par les victimes et la société civile en Corée pour la résolution de ce problème, et la perception du gouvernement japonais ainsi que les réponses apportées à ce jour ;
-  Rechercher des solutions et mener des actions spécifiques en faveur des victimes ;
-  Présenter les efforts fournis par les femmes et les parlements nationaux pour mettre fin à la violence faite aux femmes partout dans le monde et restaurer la justice pour les victimes de l’esclavage sexuel militaire japonais, partager des perspectives et projets pour le règlement de cette question.