Adieu et Merci au Cardinal Kim Sou Whan

Des centaines de milliers de personnes ont rendu hommage au Cardinal Kim dont la disparition a suscité une grande émotion parmi les croyants et les non catholiques.

À la cathédrale Myoung Dong de Séoul, une foule interminable rend hommage au défunt exposé à la cathédrale. On compte 100 000 visiteurs par jour...

Le cardinal Stephen Kim Sou-Hwan, archevêque émérite de Séoul, est décédé le 16 février 2009.

L’annonce de sa mort a été diffusée par l’archidiocèse de Séoul : le cardinal est mort à 18h12 (heure locale), à l’hôpital Sainte-Marie de Kangnam, à Séoul. Il est prévu que la dépouille du cardinal soit transportée à la cathédrale Myeongdong, où elle sera veillée jusqu’à ses funérailles – dont la date n’a pas encore été fixée. Avec le décès du cardinal, le premier évêque coréen à accéder au cardinalat, disparaît un des géants de l’Eglise catholique en Asie, une personnalité qui a marqué l’histoire de son Eglise et de son pays.

Stephen Kim a vu le jour le 8 mai 1922 dans la ville de Taegu, à une époque où son pays était colonie du Japon. Après avoir été contraint, alors séminariste, de servir sous le drapeau japonais, il sera ordonné prêtre le 15 septembre 1951, alors que la guerre de Corée faisait rage (1950-1953). Il deviendra évêque de Masan en 1966. Le pape Paul VI le transfère sur le siège de Séoul en 1968, avant de l’élever au cardinalat l’année suivante. Le cardinal Kim devient ainsi le premier cardinal coréen et, à 46 ans, il est aussi, à l’époque, le plus jeune cardinal de l’Eglise catholique dans le monde.

A la fin des années 1960, l’Eglise catholique achève de voir ses structures « coréanisées » et le cardinal Kim va imprimer sa marque personnelle à l’Eglise en Corée. Il choisit de l’engager concrètement dans la société pour répondre aux grands problèmes sociaux : développement économique, justice sociale et démocratisation politique. En 1968, lors de son message inaugural en tant qu’archevêque de Séoul, Mgr Kim appelle l’Eglise en Corée « à abattre les hauts murs derrière lesquels elle est enfermée pour se porter au cœur de la société », afin d’être une Eglise au service des pauvres en fidélité à l’enseignement du concile Vatican II.

Les choses n’iront pas d’elles-mêmes car le corps épiscopal et le clergé coréens ne forment pas un front uni sur ces questions. Plus la position des militaires, alors au pouvoir, se durcit, plus la démocratie et les droits de l’homme seront menacés. Au sein de l’Eglise, des groupes de prêtres vont émerger, qui forceront le gouvernement à modérer ses atteintes aux droits de l’homme et, surtout contribueront à sensibiliser l’opinion publique. Plus tard, une fois la démocratie politique acquise, le cardinal Kim saura garder l’unité de l’Eglise catholique en Corée en accompagnant les luttes sociales qui marqueront la fin des années 1980 et les années 1990 pour un meilleur partage des fruits de la croissance économique. Le parvis de la cathédrale Myeongdong est ainsi resté dans les mémoires comme le lieu-symbole des manifestations populaires, un parvis très longtemps occupé par des manifestants de tout genre, le plus souvent sans appartenance chrétienne mais désireux d’organiser là leurs luttes.

A l’âge de 76 ans, le cardinal Kim démissionnera de ses responsabilités en 1998. A la tête d’une Eglise réunissant aujourd’hui 9 % de la population du pays, le cardinal était perçu, dans l’esprit des Coréens, comme le gardien des droits de l’homme et de la démocratie.

Attentif aux autres Eglises en Asie, le cardinal Kim a été parmi ceux qui ont contribué à fonder la FABC, la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie, et il s’est attaché plus particulièrement à renouer les fils du dialogue entre les peuples japonais et coréen, notamment par le biais de rencontres entre les deux épiscopats. En 1998, lors du Synode des évêques pour l’Asie, à Rome, il était l’un des trois cardinaux à présider les échanges.

Le cardinal Kim a rédigé de nombreux ouvrages, dont Justice sociale, Prières pour la paix, Dieu est Amour, La paix pour cette terre, Vivre comme un être humain, et ses mémoires Aimons-nous les uns les autres.

Eglises d’Asie, 16 février 2009 mepasie

Dimension de l’église coréenne
-5 millions de croyants
-4000 prêtres
-1000 religieux
-3000 séminaristes

Dernière visite au Cardinal Kim par Mgr Olivier de Bérranger

J’ai eu la joie de revenir à Séoul pour la dernière semaine de juillet 2008. Cette fois, je n’étais pas seul. En provenance d’Australie, j’accompagnais 120 jeunes du diocèse de Saint-Denis. Nous venions de participer aux Journées mondiales de la jeunesse à Sydney. Accueillis avec chaleur par la paroisse de Dong San l dong 독 산 1동, les jeunes de chez nous se sont sentis chez eux plus rapidement qu’ils ne pensaient. Dès que j’ai pu, je les ai laissés avec leurs hôtes pour aller visiter le cher cardinal Kim Soo Whan(김수환) en compagnie de Kou Jobi (구요비 신부), l’actuel responsable des prêtres du Prado de Corée.

Le cardinal était alors dans ce même l’hôpita Kang Nam(Sung Mo(강남성모병원 ) où il vient de rendre son âme à Dieu. Il avait des soucis de déglutition, dont une religieuse dévouée cherchait avec une extrême gentillesse à le soulager. Mais il était assis et, dès que nous fûmes entrés, il eut ce regard familier que je lui ai toujours connu. Celui d’un ami dont l’attitude première était toute de bienveillance.

Après quelques mots sur sa santé, sujet qui ne le passionnait pas, il me demanda d’où je venais. Je lui parlais de Sydney. Et aussitôt, il se mit à réciter un poème en coréen de Mère Teresa que je reconnus…parce que, 34 ans plus tôt, quand je le rencontrai pour la première fois, à Rome, il m’avait curieusement récité le même poème, mais dans sa version originale en anglais (je ne parlais pas le coréen en 1973). Je lui fis remarquer ce rapprochement. Il se contenta de relever ses épais sourcils l’œil rieur, d’un air de dire : « Quelle continuité ! » En effet, c’est à Sydney que le cardinal Kim avait rencontré lui-même Mère Teresa, au cours d’un colloque, peu avant ce Synode romain où je le vis pour la première fois. Ce poème, qu’il connaissait par-cœur, parlait des pauvres dans le monde, plus nombreux que les étoiles dans le ciel…

Avec le Père Ku et moi, le cardinal était visiblement heureux d’évoquer les souvenirs de la venue du Prado en Corée, qu’il avait voulue et encouragée, dont il avait guidé les premiers pas avec amour, comme, entre autres, ceux des Petites Sœurs de Jésus ou des laïques consacrées de ‘Jeun Jin Sang’(전진상) (AFI)… Le cardinal Kim appartenait à cette génération de novateurs, dans le sillage du concile Vatican II, qui n’avaient de cesse d’aplanir les sentiers raboteux pour frayer la voie de l’Evangile dans une société travaillée par les phénomènes contradictoires de la modernité.

Ce que je retiens de son témoignage, auquel je me suis souvent référé mentalement durant mes douze petites années de ministère épiscopal à Saint-Denis, c’est qu’il avait toujours vécu sa charge au service non seulement des catholiques mais de tous ses compatriotes. Je lui rappelai ce premier Noël que je célébrai dans un centre de Tae Kwon Do (태권도) où j’avais dû insister que pour soit lue la seconde partie de son message de Noël. Comme chaque fois, la première partie redisait, en termes simples et neufs, le mystère de l’Incarnation de Dieu pour la foi. Et la seconde actualisait ce mystère dans la réalité sociale du moment, décrite avec acuité et pesée au regard du sens chrétien de l’homme.

Au moment de nous quitter le 21 juillet dernier à l’Hôpital Sung Mo(성모병원) le cardinal Kim me dit, avec de la malice : « 이제 가야지요 ». « Je dois partir maintenant’ Devant mon air interloqué, il précisa : « Non pas chez moi, mais chez Dieu » Je me suis reproché de ne pas m’être alors attardé un peu pour prier avec lui. Nous allions visiter dans ce même hôpital une religieuse, ancienne paroissienne de Ok Soo Dong (옥수동) qui, depuis, l’a devancé et nous a tous devancés auprès du Père.

Voici le témoignage de Monseigneur Olivier de Bérranger qui a vécu 17 années en Corée à l’invitation du Cardinal Kim.

+오영진 주교

마지막 문병

나에게는 지난해 7월말 한국을 다시 방문할 수 있는 기쁜 일이 있었습니다. 그때는 나 혼자가 아니고 우리 생드니 교구의 120 명의 젊은 신도들과 시드니 세계청년대회를 마치고 귀국길에 한국을 함께 방문하게 되었습니다. 서울 독산 1동 본당의 따둣한 영접을 받을수 있어 이분들께 젊은 청년들을 맡기고 바로 한국프라도회 책임신부 구요비신부와 함께 김수환 추기경님의 문병을 갈 수 있었습니다.

추기경님은 그때 오늘 운명하신 병원인 강남 성모병원에 입원해 계셨는데 천식으로 괴로움을 겪고 계셨습니다. 한 수녀님이 간병을 하시느라 온정성을 다하고 있었습니다. 우리가 들어가자 추기경님은 바로 일어나 앉으시며 오래전부터 알고있는 친한 사람들에게 보내시는 예의 그 따뜻한 눈길로 우리를 맞이해주셨습니다.

추기경님은 건강이 좀 어떠시냐는 나의 질문에는 건성으로 대답하시며 나에게 어디서 오는 길이냐고 물으셨습니다. 내가 시드니 라고 말씀드렸더니 추기경님은 바로 마더 데레사 수녀님의 시를 한 수 읊어주셨습니다. 이시는 34년전 내가 로마 시노드 대회에서 추기경님을 처음 만났을 때 영어로 들려주셔서 내가 알고있던 시였습니다. 그때는 내가 한국말을 모를 때라 영어로 낭송해주셨죠. 낭송을 하신 후에,추기경님은 두터운 눈썹을 치켜올리시며 나에게 웃는 눈길을 하셨는데 저에게는 그것이 우리의 만남은 그때나 지금이나 여전하고 변함이 없다는 뜻으로 느껴졌습니다.

하기는 시드니에서 이루어진 어떤 대회에서 추기경님도 마더 데레사를 처음 만나셨고, 우리를 마더 데레사 수녀님의 시로 엮어주어서 시드니는 우리에게는 매우 인연이 있는 곳입니다. 추기경님이 줄줄 외우시는 이 시는 세상에는 가난한 사람들이 하도 많아서 마치 하늘에 총총히 박혀있는 별들의 수와도 같다는 내용의 시입니다.

추기경님은 구신부님과 나를 맞이하여 한국 프라도회의 창립 당시를 다시 회상하고 말씀하실 수 있는 것이 퍽 행복하신 듯 했습니다. 추기경님은 프라도회가 한국에 설립되기를 윈하셔서 첫 창립에 참석하셨고 그 이후에도 내내 격려를 아끼지 않으셨습니다. 돌이켜보면 매우 뚯깊은 좋은 시절이었습니다. 하긴 우리 추기경님은 예수의 작은 자매회 ㅡ 또는 <전진상> 이란 AFI (Auxiliaires féminines internationales) 창립 등 바티칸 공의회 2의 새로운 개혁노선에서 여러모로 진취적인 개혁을 시도하신 신세대의 추기경에 속합니다.

김추기경님의 삶에서 얻은 교훈은 내 마음속에 깊이 새겨져있습니다. 그래서 내가 생드니 교구에서 일할 때 수시로 이분의 한 관점을 머리속에 다시 상기할만큼 깊이있는 교훈이 되었습니다. 교회가 단지 교구내의 일에만 치우치지 않고 폭을 널리해서 온국가, 온국민의 복지에 봉사해야 한다는 바로 그 사명감이었습니다.

한국에서의 나의 첫 성탄 미사를 교회가 없었던 한 동네에서 태권도장을 빌려서 한 일이 있는데 그것을 추기경님께 다시 상기해드렸습니다. 그때 추기경님의 성탄 메시지를 내가 직접 낭독 할 수가 없어서 교우 한 분에게 낭독해 달라고 했습니다. 그랬더니 그는 성탄 신앙에 관한 제 1부의 깊은 내용만을 읽고 사회문제에 관한 제2부의 내용을 싹 생략해버렸습니다. 그래서 나는 그에게 또 다시 이 훌륭한 메시지를 꼭 낭독해 달라고 재차 부탁을 했습니다. 그제사 봉사자가 순종하는 마음으로 내용의 전모를 그대로 낭독해 주었던 일이었습니다.

지난 7 윌 21성모 병윈을 떠난 순간 추기경님이 하신 말씀이 있습니다. « 이제 가야지요. » 영문을 몰라 미심쩍어 하는 내 표정을 보시고 추기경님은 이렇게 덧붙이셨습니다. « 다시 집으로 돌아간다는게 아니고 주님앞으로 간다는 얘길세. »

나는 그때 조금 더 시간을 내서 그와 함께 마지막 기도를 나누지 않았던 것이 매우 후회가 됩니다. 그날 같은 병원에서 앓고 계신 옥수동 수녀님도 찾아뵐 계획이었기 때문이었습니다. 이후 옥수동 수녀님은 추기경님은 물론 우리 모두들 보다 먼저 하느님 아버지를 만나러 떠나셨습니다.

+오영진 주교

Reponses à cet article:

Adieu et Merci au Cardinal Kim Sou Whan

par Père André Lee le 2009-02-26 22:53:34

Le grand-père du cardinal Kim a été martyrisé pendant la deuxième moitié du 19e siècle, mais il n’est pas canonisé, ni béatifié.

Son père n’a pas été élevé par les missionnaires, mais peut-être a-t-il été formé comme chrétien par les missionnaires (à cette époque-là, il n’y avait que des missionnaires étrangers !!). Son père était marchand de jarres, un des principaux métiers des chrétiens de l’époque.

Pendant la persécution, les chrétiens de Corée ont tout perdu : maison, terre, biens et relations humaines que le gouvernement a confisqués. Ils n’avaient donc aucun moyen de vivre comme ils vivaient avant d’accepter le christianisme. Le métier de marchand était un métier méprisé selon le classement confucéen. De plus, marchand de jarres (Hang-a-ri) était un métier dur parce qu’on devait porter les jarres sur son dos et marcher toute la journée en cherchant des clients. Les chrétiens, formaient une communauté dans un lieu isolé, fabriquaient ensemble des jarres et les vendaient. Ils portaient non seulement des jarres à vendre mais aussi des livres chrétiens comme les livres de prières et de catéchèse, des croix, des statues de la Vierge etc. pour les autres chrétiens. Ils étaient donc "transporteurs" du christianisme. En Corée, les catholiques considèrent alors la famille de l’ancien marchand de jarres comme une famille traditionnellement catholique (youseo kipen choenjukyo zipan).

   Réagir à cet article. | Imprimer cet article.


Korean Air (GIF) (GIF) (GIF) (GIF) (GIF) (GIF) (GIF) (GIF) (GIF)